Nice : Sept ans de prison pour le chauffard sous protoxyde d'azote qui a tué un pompier sur la Promenade des Anglais

Marvin Rossi, 24 ans, a écopé lundi de sept ans de prison, dont six fermes, devant le tribunal correctionnel de Nice. Il avait tué Jérémie Boulon, pompier volontaire de 41 ans, en juin 2024 sur la Promenade des Anglais, après avoir inhalé du protoxyde d'azote au volant.
Nice : Sept ans de prison pour le chauffard sous protoxyde d'azote qui a tué un pompier sur la Promenade des Anglais
Jérémie était âgé de 41 ans. (photo sapeurs-pompiers de Nice)
Par Actu17
Le mardi 19 mai 2026 à 18:28

Marvin Rossi, 24 ans, a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Nice à sept ans de prison, dont six fermes, pour avoir tué un pompier volontaire en fonçant sur la Promenade des Anglais après avoir inhalé du protoxyde d'azote au volant. Le parquet avait requis huit ans d'emprisonnement ferme, sur une peine maximale encourue de dix ans pour homicide involontaire. Son permis de conduire a été annulé, avec interdiction de le repasser pendant dix ans.

Le tribunal, présidé par Agnès Vadrot, l'a reconnu coupable d'homicide involontaire aggravé par deux circonstances. La peine de sept ans d'emprisonnement est assortie d'un an de sursis probatoire de deux ans, précise Nice-Matin. À l'audience, la procureure de la République Céline Hortal a fustigé celui qui "de façon complètement égocentrée a commis l'irréparable".

Une berline lancée à 108 km/h sur la Promenade des Anglais

Les faits se sont produits dans la nuit du 25 juin 2024, à 00h25, au niveau du 261 Promenade des Anglais. Marvin Rossi rentrait d'une soirée à Antibes (Alpes-Maritimes) avec trois amis, à bord de la Mercedes de sa mère. Aucun des occupants n'avait consommé d'alcool ou de drogue avant de prendre la route. Le jeune conducteur a néanmoins mis à profit un stop au niveau du parc Phœnix pour sortir une bonbonne de protoxyde d'azote du coffre de la voiture. Roulant à au moins 108 km/h, la berline a franchi deux feux rouges consécutifs avant d'entrer en collision avec le scooter de Jérémie Boulon, qui s'était engagé quelques instants plus tôt sur l'avenue la plus connue de la ville.

Pompier volontaire âgé de 41 ans et père de deux filles de 11 et 13 ans, Jérémie Boulon rentrait d'une soirée organisée à la mémoire d'un confrère disparu. Sous la violence du choc, son corps a été projeté à plus de 60 mètres et son deux-roues à plus de 140 mètres. Des collègues qui l'accompagnaient ont aussitôt tenté de le réanimer, en vain.

À la barre, le prévenu a livré sa version des faits. "Je cherchais à m'amuser. J'avais essayé pour la première fois trois semaines plus tôt, ça m'avait fait rigoler mais pas perdre le contrôle", a-t-il raconté. "J'ai commencé à avoir chaud, à sentir des fourmis. J'ai posé la tête sur l'appuie-tête, comme si j'étais éteint. Et je ne me rappelle plus de rien avant le choc", a-t-il ajouté. Son passager avant, absent à l'audience, avait quant à lui témoigné aux enquêteurs rapporte Nice-Matin : "Il ne contrôlait plus rien, j'ai paniqué. Je l'ai touché pour lui dire de ralentir, je pense qu'il ne sentait rien".

Un nouveau contrôle positif au cannabis et à la cocaïne

D'abord soumis à un contrôle judiciaire lui interdisant de conduire et de sortir la nuit, Marvin Rossi a finalement été incarcéré en septembre 2025. Les forces de l'ordre l'avaient surpris au volant d'un véhicule, testé positif au cannabis et à la cocaïne. "Je m'en veux énormément, j'ai honte de moi", a-t-il assuré, sans convaincre les dizaines de proches et de collègues de la victime qui ont assisté au procès, pour la plupart vêtus d'un t-shirt blanc portant l'inscription "Justice pour Boulon".

Dans un silence ponctué de pleurs, la compagne et les filles du pompier volontaire ont pris la parole pour exprimer leur douleur. "Nous avons pris perpétuité. Que cette peine soit un modèle, que les irresponsables comprennent qu'un permis de conduire n'est pas un permis de tuer", a lancé la compagne. L'une des filles de la victime a quant à elle déclaré que "Marvin Rossi est un meurtrier. Il m'a privé pour toujours de moments avec mon papa".