Moselle. Suicide d’un policier : Une peine de prison avec sursis requise contre 2 ex-collègues


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Les deux anciens collègues de la victime étaient notamment soupçonnés d’avoir placé un micro espion dans une voiture de patrouille pour l’un, et d’avoir commandité l’enregistrement pour l’autre.

Ce vendredi comparaissaient deux fonctionnaires de police de la brigade de nuit de Saint-Avold (Moselle) au tribunal correctionnel de Sarreguemines pour « atteinte à la vie privée, par captation, enregistrement ou transmission des paroles d’une personne ».

Le ministère public a requis 12 mois de prison avec sursis contre eux. Le délibéré est prévu le 21 octobre prochain.

Espionnage sur fond de grandes tensions au service

L’un des deux mis en cause est soupçonné d’avoir placé un micro espion dans une voiture de patrouille, dans le but d’enregistrer des propos d’Hervé Hinschberger à son insu, dans la nuit du 7 au 8 décembre 2017. Le second, plus expérimenté, est soupçonné d’être le commanditaire. Il aurait agi pour obtenir des informations sur des faits et dysfonctionnements au sein du service.

Meurtri par ces agissements et faisant l’objet d’une mutation non souhaitée, Hervé Hinschberger, âgé de 46 ans, s’était suicidé à Puttelange-aux-Lacs le 21 janvier suivant, avec son arme de service.


Accusé à tort d’une enquête interne

À la suite de ce drame, les parents du quadragénaire, gradé de la police nationale, avaient déposé plainte contre X pour « harcèlement moral ».

De très importantes tensions sévissaient au sein du service d’Hervé Hinschberger. Il était notamment accusé, à tort, d’être à l’origine d’une enquête interne contre des policiers locaux.

Deux chefs de service sanctionnés

En parallèle de la procédure judiciaire, une enquête administrative avait été menée par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Il en est ressorti que les deux chefs de service, les commandants de Saint-Avold et de Freyming-Merlebach, avaient eu leur part de responsabilité dans les relations délétères entre les unités de nuit des deux commissariats.

Un responsable syndical avait affirmé au Républicain Lorrain : « La hiérarchie était au courant, mais n’a pas été à la hauteur de la situation. […] considérant les fonctionnaires de police plus comme des machines que comme des humains ». En conséquence, les chefs de service avaient été mutés.

Des sanctions administratives pour les deux policiers jugés en correctionnelle

Les deux fonctionnaires mis en cause pour l’enregistrement espion ont été mutés à Strasbourg et à Nancy, relate France Bleu.

En parallèle des sanctions pénales, ils risquent des sanctions disciplinaires. Les deux hommes sont passés début juillet en conseil de discipline. L’un encourt une suspension de quatre mois dont un ferme. L’autre, plus ancien dans la police, risque une révocation.