Stains : La fresque représentant Adama Traoré et Georges Floyd a été entièrement effacée


La fresque dessinée à Stains a été recouverte ce vendredi. (photo Alliance 93/DR)

La fresque à Stains (Seine-Saint-Denis) sur laquelle les visages d’Adama Traoré et de Georges Floyd étaient dessinés, pour dénoncer les « violences policières », a été effacée ce vendredi

Elle avait provoqué la colère du syndicat Alliance police nationale. Une fresque représentant le visage d’Adama Traoré, décédé en 2016 à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) après son interpellation et celui de Georges Floyd, mort des suites de son insoutenable arrestation à Minneapolis (États-Unis) fin mai, avait été inaugurée par le maire PCF de Stains, Azzedine Taïbi, à la fin du mois de juin. « Contre le racisme et les violences policières » pouvait-on lire au dessus des deux visages.

L’œuvre réalisée par le « Collectif Art » dans la rue Pierre-de-Geyter a été recouverte ce vendredi. Le 3 juillet dernier, la préfecture de Seine-Saint-Denis avait en effet mis en demeure la mairie d’effacer la fresque, après avoir reçu des représentants du syndicat Alliance police nationale qui dénonçait notamment une « ultime provocation par un élu de la République qui stigmatise les policiers ». Le dessin a été entièrement effacé ce vendredi.

« Alliance 93 est parvenu à rétablir l’honneur des policiers »

Le syndicat de police Alliance avait fait part de sa colère peu après l’inauguration de la fresque, dénonçant une « ultime provocation par un élu de la République qui stigmatise les policiers », et avait organisé un rassemblement devant la préfecture.

« Alliance 93 est parvenu à rétablir l’honneur des policiers malgré les menaces et le déferlement de haine à notre encontre sur les réseaux sociaux », a écrit l’organisation syndicale dans un tract visible sur Twitter. « Notre rassemblement sur le parvis de la préfecture de Bobigny (…) et notre audience auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis auront permis d’obtenir justice pour les policiers », se félicite Alliance.

« Effacer mon frère, recouvrir son visage, c’est nier son existence et celle de tous les autres morts entre les mains des forces de l’ordre. Effacer le visage de mon frère, le sourire de mon frère, c’est piétiner sa mémoire, offenser ma famille, faire disparaître son nom (…) C’est bafouer le droit et la justice, c’est revendiquer l’impunité policière. (…) C’est profaner nos morts. C’est insulter nos morts », avait réagi Assa Traoré, la sœur d’Adama, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux fin juin, en réponse aux demandes du syndicat Alliance.