Colère dans la police : «C’est un mouvement d’humeur qui s’apaisera» explique Nicole Belloubet


Nicole Belloubet le 28 août 2019. (©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Maxppp)

La colère des policiers ne faiblit pas après les déclarations du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. La garde des Sceaux Nicole Belloubet estime pour sa part qu’il s’agit d’un « mouvement d’humeur qui s’apaisera ».

La ministre de la Justice Nicole Belloubet était interrogée au micro de franceinfo ce vendredi matin. Interrogée sur le fait que le syndicat Unité SGP Police FO avait appelé les policiers à « ne plus interpeller », la garde des Sceaux a répondu : « Ce n’est pas légal, mais la question n’est pas celle-là […]. J’imagine que c’est un mouvement d’humeur qui s’apaisera ».

« Les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits, sauf dans des circonstances particulières, à partir du moment où on respecte la distanciation physique. Je pense que la question n’est pas tant juridique que symbolique », a-t-elle indiqué, ajoutant qu’« il ne faut ni déni ni systématisme » face à cette crise dans la police. « Je réfute que la police soit raciste ».

« Chaque Français a quelque part en lui un risque de racisme »

Nicole Belloubet a précisé qu’elle avait « totalement confiance en la police ». « Le racisme est quelque chose de totalement antinomique par rapport à l’idée de République puisque c’est une idée d’universalisme et le racisme de communautarisme. Donc, il faut lutter contre ce phénomène partout le racisme est présent. D’ailleurs c’est une infraction pénale. Que ce soit dans la police comme ailleurs », a-t-elle expliqué.

« Chaque Français a quelque part en lui un risque de racisme. Il faut lutter contre ça. Et quand il s’exprime, c’est une infraction et elle est juridiquement condamnable », a ajouté la ministre de la Justice.

La suspension, « une règle générale dans la fonction publique »

Concernant les déclarations de Christophe Castaner au sujet des « soupçons avérés » de racisme qui entraineraient la suspension du policier en cause, la garde des Sceaux a expliqué qu’il s’agissait en fait d’une règle générale dans la fonction publique .

« Donc, c’est quelque chose qui n’est pas propre à la fonction policière. C’est une pratique qui est destinée à protéger nos concitoyens, les usagers des services publics », a-t-elle détaillé.

Les actions des policiers se poursuivent

De nombreux policiers se sont rassemblés devant leurs commissariats ce jeudi soir partout en France et ont jeté leurs menottes au sol, symboliquement, en signe de protestation. Quelques dizaines de policiers ont également descendu les Champs-Élysées ce vendredi matin à l’appel de plusieurs syndicats, avant de se rendre devant le ministère de l’Intérieur.