Bouches-du-Rhône : Un homme se prétendant hypnothérapeute mis en examen pour des viols sous soumission chimique

Un homme de 47 ans, se faisant passer pour un hypnothérapeute, a été mis en examen pour des viols commis de 2010 à 2021 à Aix-en-Provence et Marseille (Bouches-du-Rhône). Il droguait ses victimes à leur insu avec un puissant somnifère, le Zolpidem, avant d'abuser d'elle sexuellement et de les filmer. Dix-sept femmes se sont constituées parties civiles. Le suspect, en détention provisoire depuis mars 2021, a reconnu les faits.
Bouches-du-Rhône : Un homme se prétendant hypnothérapeute mis en examen pour des viols sous soumission chimique
Illustration. (Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 21 mars 2025 à 13:28

Un homme de 47 ans a été mis en examen pour des viols commis pendant plus d’une décennie, principalement à Aix-en-Provence et Marseille (Bouches-du-Rhône), sur des femmes qu’il droguait à leur insu avec du Zolpidem, un puissant somnifère. Un "procès se tiendra devant la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône" à une date qui n’est pas encore fixée, selon le parquet général de la cour d’appel, confirmant une information de La Provence.

Dix-sept femmes se sont constituées parties civiles dans cette affaire où le mis en cause se faisait passer pour un hypnothérapeute. Il proposait des séances d’hypnose à ses victimes, qu’il droguait ensuite pour les violer, les filmer et conserver les enregistrements. L’homme est poursuivi pour "viol avec administration d’une substance à l’insu de la victime afin d’altérer son discernement", "administration de substances nuisibles" et "enregistrement et transmission d’images de personnes sans leur consentement, (…) images présentant un caractère sexuel". Les faits se sont déroulés de 2010 à 2021. Le suspect est en détention provisoire depuis mars 2021.

Plusieurs victimes ont été filmées

L'enquête a révélé que l’homme obtenait du Zolpidem en sollicitant des ordonnances auprès de différents médecins. Une fois droguées, ses victimes se trouvaient dans un état de somnolence profonde pendant des périodes allant de trois à dix heures. Lors de la perquisition de son domicile, du matériel informatique contenant des dizaines de vidéos montrant des abus sexuels sur des jeunes femmes inconscientes a été saisi. Le suspect a reconnu avoir filmé plusieurs de ses victimes à leur insu.

L'affaire avait pris une tournure décisive en 2019 lorsqu'une jeune femme de 24 ans avait porté plainte. Elle avait rencontré l’homme lors d’une soirée et, après plusieurs rencontres, avait sollicité une séance d’hypnose. La victime avait expliqué avoir ressenti des bouffées de chaleur après avoir consommé partiellement un verre de vin qu’il lui avait servi, puis s’était réveillée avec des souvenirs parcellaires. Des analyses toxicologiques avaient confirmé la présence de GHB et de Zolpidem dans son organisme. L’ADN du suspect avait été retrouvé sur la culotte de la jeune femme.

Des plaintes dès 2010

Ce n’était cependant pas la première plainte contre l'homme. Dès 2010, deux femmes, dont sa propre cousine, avaient déposé plainte pour des abus similaires, mais leurs dossiers avaient été classés sans suite. En 2012, une autre femme avait décrit des faits identiques. Ce n’est qu’en 2020, lorsqu’une nouvelle victime âgée de 25 ans avait porté plainte, que l’affaire a commencé à être sérieusement prise en compte par les enquêteurs.

L’avocate Marylou Diamantara, qui représente cinq des victimes, a décrit cette affaire comme "un dossier d’une violence inouïe" auprès de l'AFP. Selon elle, "ce n’est pas le violeur que l’on rencontre à la sortie d’une boîte de nuit. Il y a tout un mécanisme préparatoire". L'avocate considère le suspect comme "un criminel en série qui, pendant vingt ans, a eu le même mécanisme" et "a gardé des preuves et des trophées de ses crimes".

Cette affaire de soumission chimique rappelle le procès des viols de Mazan, qui s'est tenu à l’automne 2024, qui avait abouti à la condamnation de 51 hommes pour viols aggravés sur Gisèle Pelicot, droguée par son mari Dominique Pelicot pour être violée par d’autres individus. Mercredi, le parquet de Montpellier avait révélé une autre affaire similaire, impliquant un paysagiste accusé d’avoir violé et filmé une quinzaine de femmes, dont des mineures, après leur avoir administré des tranquillisants à leur insu.