Le lundi 19 janvier 2026 à 14:17
Le député La France insoumise (LFI) des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu, candidat à la mairie de Marseille, a suscité une vive polémique après des propos tenus samedi 17 janvier lors d'un meeting à Villeneuve-d'Ascq (Nord). L'élu a affirmé que "de l'argent était caché dans les commissariats" en référence à l'affaire de l'Office anti-stupéfiants (OFAST) de Marseille. Ces déclarations ont été condamnées par le préfet des Bouches-du-Rhône, le ministre de l'Intérieur et le syndicat Alliance Police Nationale.
Sébastien Delogu s'exprimait en soutien à son collègue insoumis Ugo Bernalicis, tête de liste pour les municipales à Villeneuve-d'Ascq. À la tribune, le député marseillais a déclaré : "J'ai expliqué qu'il y avait des kilos de cocaïne qui ont été commandés par l'État et qui avaient disparu, et que l'argent était caché dans les commissariats". L'élu faisait référence à une de ses prises de parole à l'Assemblée nationale, dont la vidéo avait été partagée sur son compte Facebook le 20 décembre dernier. Il y évoquait "387 kg de cocaïne commandés par l'État pour une vente totale avoisinant les 8 millions d'euros, sans que personne ne soit arrêté, sans que personne ne sache qu'est-ce qu'est devenue cette drogue, où est passé l'argent". Le député s'était alors servi de ce discours pour appeler à légaliser le cannabis afin d'"en finir avec ce fléau et toute cette criminalité liée à la drogue".
Ces propos font référence à l'échec de l'opération Trident, qui a éclaboussé l'OFAST de Marseille. Cette opération, menée au printemps 2023, visait à démanteler un important réseau de narcotrafiquants via une livraison surveillée de cocaïne. Mais elle a tourné au fiasco : près de 400 kg de cocaïne ont disparu. Des policiers de l'OFAST marseillais sont soupçonnés d'avoir participé à l'importation et à la vente de cette drogue. En juin 2025, la cheffe de l'antenne marseillaise de l'OFAST et son adjoint ont été mis en examen pour "complicité de faux en écriture publique par personne dépositaire de l'autorité publique".
Le syndicat Alliance demande au ministre de l'Intérieur de déposer plainte
Dans un communiqué publié dimanche, le préfet des Bouches-du-Rhône Jacques Witkowski a réagi. Il "condamne vivement les propos publics tenus [samedi] soir par le député Sébastien Delogu à l'encontre de l'État et des commissariats de police. Il rappelle que l'État et l'ensemble des fonctionnaires de la police ou la gendarmerie nationales combattent au quotidien toutes les formes de trafic de stupéfiants". Le préfet a réaffirmé "son soutien indéfectible aux forces de l'ordre". Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a également apporté son soutien aux forces de l'ordre sur X : "Total soutien à nos forces qui luttent sans relâche contre le narcotrafic, tout particulièrement à Marseille. Rien ne les intimidera".
Le syndicat Alliance Police Nationale a pour sa part dénoncé des "propos infondés et diffamatoires" et a demandé au ministre de l'Intérieur "d'engager les suites judiciaires nécessaires et de déposer plainte" contre le député.